
Alors que l’épidémie actuelle d’Ebola continue de se propager en République démocratique du Congo et en Ouganda, une volonté politique forte afin d’arrêter et de prévenir les épidémies est plus urgente que jamais. À l’issue du sommet du G7 qui s’est achevé hier, les dirigeant.e.s mondiaux.ales ont publié un Appel des dirigeants, qui laisse entrevoir un optimisme prudent.
Le G7 s’est engagé à lutter contre l’épidémie actuelle en soutenant la recherche des contacts, la surveillance, le dépistage, la mobilisation des communautés, la préparation transfrontalière, ainsi que le développement et la mise à disposition de vaccins, de tests de dépistage et de traitements. Ce communiqué fait suite à la récente annonce du Canada concernant un financement destiné à aider à endiguer l’épidémie, ainsi qu’aux efforts déployés par d’autres pays du G7 pour répondre à cette crise mortelle avant qu’elle ne se transforme en épidémie ou en pandémie.
Au cours des semaines qui ont précédé le sommet, les bénévoles de Résultats ont fait sensation dans les médias, appelant le Canada à jouer un rôle de premier plan en matière de préparation, de prévention et de réponse aux pandémies (PPPR) au sein du G7 et à investir dans la Coalition pour la préparation aux épidémies (CEPI). Un nouvel engagement envers la CEPI pourrait contribuer à garantir que le monde dispose de vaccins sûrs et efficaces dans les 100 jours suivant la prochaine menace de pandémie. Résultats a exhorté les gouvernements du G7 à soutenir une réponse coordonnée à l’épidémie d’Ebola et à renforcer la préparation mondiale face aux futures urgences sanitaires, aux côtés de plus de 300 organisations au sein du Groupe d’engagement de la société civile du G7 (C7).
Et tandis que la campagne en faveur d’un nouvel engagement envers la CEPI se poursuit, l’appel à une réponse coordonnée face à l’épidémie d’Ebola a été entendu.
Les engagements pris par les dirigeant.e.s du G7 reconnaissent une réalité importante : les maladies ne connaissent pas de frontières. Pour protéger les communautés partout dans le monde, nous avons besoin de systèmes de santé résilients et d’une capacité de réponse rapide et coordonnée.
La réponse à l’épidémie d’Ebola n’a pas été le seul signal encourageant à émerger du Sommet des dirigeant.e.s de cette année. Dans le cadre du C7, Résultats s'est joint à nos partenaires pour appeler les dirigeant.e.s du G7 à revenir sur les coupes dans l'aide internationale et à investir dans la santé, l'alimentation, la nutrition, l'éducation, l'eau et l'assainissement, ainsi que dans les services de protection sociale, en particulier pour les communautés les plus marginalisées du monde. Les pays du G7 sont actuellement en passe de réduire l'aide internationale de pas moins de 28 % par rapport à 2024, ce qui constitue la plus forte baisse de mémoire récente.
En conséquence, la France a fait de la solidarité internationale une priorité de sa présidence actuelle du G7, appelant à un « nouveau consensus sur des partenariats internationaux plus justes, plus efficaces et mieux coordonnés ». L’intégration de la coopération internationale à l’ordre du jour du G7 marque un progrès important, car les discussions de l’année dernière s’étaient concentrées sur la technologie, les minerais critiques et la sécurité, sans accorder beaucoup d’attention au rôle de la solidarité dans la résolution des défis mondiaux.
La Déclaration des chefs d’État et de gouvernement sur des partenariats internationaux mutuellement bénéfiques a réaffirmé l’importance du financement international du développement et de l’investissement, a reconnu l’aide publique au développement comme un outil essentiel aux côtés des ressources du secteur privé, et s’est engagée à améliorer le système de coopération internationale. Les dirigeant.e.s se sont également engagé.e.s à privilégier les financements à taux d’intérêt faible ou nul là où les besoins sont les plus grands, à soutenir le financement public des services dans les pays à faibles revenus par le biais de la fiscalité et de la restructuration de la dette, tout en investissant dans la santé, l’éducation, la nutrition, le développement de la petite enfance et les systèmes alimentaires.
Ces engagements reflètent les priorités que Résultats Canada et nos partenaires défendent depuis des années et reconnaissent que le développement international reste essentiel à la prospérité partagée et à la résilience.
La déclaration sur Ebola met l’accent sur la réponse à l’épidémie, mais cela ne constitue qu’une partie de la solution. Prévenir les crises futures reste l’approche la plus efficace et la plus efficiente. Sans plan d’action, les pandémies pourraient coûter au monde 700 milliards de dollars américains par an et mettre en danger la vie de millions de personnes.
La prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 – qui sera convoquée par les États-Unis afin de discuter de nouvelles mesures collectives et d’obtenir un soutien financier plus large pour la riposte – constitue une occasion pour le Canada et ses partenaires d’approuver explicitement la Mission des 100 jours et de s’engager à fournir un financement prévisible au PPPR. Le Canada a l’occasion de faire preuve de leadership en s’engageant à verser 125 millions de dollars sur cinq ans à la CEPI, contribuant ainsi à garantir que des vaccins sûrs et efficaces puissent être mis au point dans les 100 premiers jours de la prochaine pandémie.
Enfin, alors que les pays du G7 poursuivent leurs réformes en matière de développement, il faut continuer à accorder la priorité à l’inversion de la tendance à la réduction de l’aide internationale, et les financements privés doivent venir compléter l’aide, et non la remplacer. Les réformes doivent renforcer la transparence, la responsabilité, les financements véritablement concessionnels et l’appropriation par les pays.
Le G7 a montré que la santé mondiale et le développement international étaient des enjeux importants. Le défi consiste désormais à traduire ces engagements en actions concrètes avant que la prochaine crise ne survienne.
