personne n'est en sécurité tant que tout le monde n'est pas prêt

Par : Résultats Canada Publié le septembre 21, 2026


Aucun pays n’est à l’abri des pandémies tant que tous les pays ne disposent pas des moyens de prévenir les menaces sanitaires, de s’y préparer, de les détecter et d’y répondre.

C’est pourquoi le 25 septembre revêt une importance particulière.

Ce jour-là, les dirigeant.e.s mondiaux se réuniront aux Nations unies, à New York, à l’occasion d’une réunion de haut niveau sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies (PPPR). Ils devraient adopter une nouvelle déclaration politique décrivant comment les pays travailleront ensemble pour renforcer la capacité mondiale à prévenir et à répondre aux futures pandémies et urgences de santé publique.

Pour le Canada, c’est l’occasion de faire preuve de leadership et de contribuer à ce que le monde soit mieux préparé avant que la prochaine crise ne survienne.

Nous appelons le Canada à :

  • Assurer une représentation politique de haut niveau lors de la réunion du 25 septembre.
  • S'engager à réaliser des investissements importants et durables dans la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies.
  • Reconnaître explicitement la tuberculose comme un élément clé de la préparation et de la réponse mondiales aux pandémies.

Le monde, qui se remet encore de la pandémie de COVID-19, est confronté à de nouvelles menaces liées aux maladies infectieuses et à l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée, une épidémie tragiquement aggravée par des coupes budgétaires massives dans l’aide internationale de la part de plusieurs acteurs clés, notamment les États-Unis. Ce désengagement en matière d’aide financière et l’instabilité géopolitique croissante menacent de compromettre les efforts de préparation, alors même qu’une coopération internationale soutenue et des investissements à long terme sont nécessaires.

La leçon à en tirer est claire : la préparation ne peut pas commencer alors qu’une épidémie est déjà en train de se propager.

Elle nécessite des investissements soutenus dans la surveillance des maladies, les systèmes de santé, la recherche, les chaînes d’approvisionnement, les professionnels de santé, ainsi que dans la capacité à mettre au point et à distribuer rapidement et équitablement des vaccins, des tests de dépistage et des traitements.

Et surtout, la préparation est un objectif réalisable.

Une nouvelle analyse de l’ Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que le renforcement des capacités de préparation et de réponse aux pandémies dans les pays de l’OCDE nécessiterait en moyenne environ 7,1 milliards de dollars américains par an. Cet investissement permettrait de financer des mesures essentielles telles que la surveillance des maladies, les stocks nationaux et d’autres systèmes nécessaires pour réagir rapidement en cas d’apparition de menaces sanitaires.

Il s’agit d’un investissement relativement modeste comparé aux coûts humains et économiques colossaux d’une pandémie incontrôlée : 15 millions de vies perdues et 13 800 milliards de dollars américains de pertes pour l’économie mondiale.

Les infrastructures mises en place pour la préparation aux pandémies apportent également des avantages bien avant qu’une pandémie ne frappe. Une surveillance renforcée peut aider à détecter plus tôt d’autres menaces sanitaires. De meilleurs systèmes de santé peuvent améliorer les soins quotidiens. Des capacités de recherche et de production renforcées peuvent aider les pays à faire face à toute une série d’épidémies.

C’est pourquoi le monde a besoin d’un financement durable, prévisible et diversifié pour la PPPR, et non d’un financement à court terme qui n’apparaît que lorsqu’une crise fait la une des journaux.

Nous avons également besoin d’engagements concrets en faveur d’un développement, d’une production et d’un accès rapide et équitables aux vaccins, aux outils de diagnostic et aux traitements. Et nous devons renforcer les capacités régionales en matière de recherche et développement, de fabrication et de personnel de santé essentiel, afin que les pays et les régions ne se retrouvent pas dans l’attente d’outils vitaux lorsque la prochaine urgence surviendra.

Il existe un autre élément important dans le débat sur la préparation aux pandémies : la tuberculose.

La préparation aux pandémies ne peut se limiter aux menaces susceptibles d’apparaître à l’avenir. Les systèmes de santé, les réseaux de surveillance, les outils de diagnostic, les capacités de recherche et l’accès équitable aux technologies de santé nécessaires pour prévenir et répondre aux épidémies émergentes sont également essentiels pour lutter contre les maladies infectieuses qui touchent déjà des millions de personnes.

La tuberculose en est un exemple typique.

En 2024, on estimait à 10,7 millions le nombre de personnes atteintes de tuberculose et à 1,23 million le nombre de décès dus à cette maladie. La tuberculose reste la première cause mondiale de décès due à un seul agent infectieux. La tuberculose pharmacorésistante continue également de constituer une menace majeure pour la santé publique et la sécurité sanitaire.

La prise en compte de la tuberculose dans l’intervention du Canada renforcerait un principe important : la préparation aux pandémies et la lutte contre les maladies infectieuses existantes ne constituent pas des programmes distincts. Elles sont étroitement liées.

Les systèmes que nous mettons en place pour détecter plus tôt les maladies, renforcer les laboratoires, former les professionnels de santé, développer de nouveaux diagnostics et traitements, et garantir l’accès aux soins font partie de la même infrastructure mondiale de sécurité sanitaire.

Négliger la tuberculose risque de faire passer à côté de ce lien, précisément au moment où les pays décident comment renforcer leur préparation aux pandémies pour les années à venir.

Le Canada joue depuis longtemps un rôle dans les efforts internationaux visant à renforcer la sécurité sanitaire mondiale et la lutte contre la tuberculose. Le 25 septembre, le Canada aura une nouvelle occasion de faire entendre sa voix.

Le Canada devrait se faire entendre au plus haut niveau politique, défendre des engagements ambitieux et dotés de financements suffisants en faveur de la PPPR, et veiller à ce que la tuberculose soit reconnue comme un élément essentiel de la sécurité sanitaire mondiale.

La prochaine pandémie n’attendra pas que les pays soient prêts.

Notre meilleure chance de protéger des vies est d’investir dès maintenant dans la préparation — avant que la prochaine crise ne survienne.

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