Les dirigeants ne répondent pas de manière satisfaisante aux besoins mondiaux urgents lors du Sommet du G7

Par : Laura Publié le 14/06/2021

Photo par Number 10 via Flickr.

La fin de semaine dernière (12-13 juin), le premier ministre Justin Trudeau a participé, aux côtés d’autres dirigeants mondiaux, au Sommet du G7 à Cornwall au Royaume-Uni – la première rencontre en personne des dirigeants mondiaux depuis le début de la pandémie. Le Sommet annuel du G7 permet aux États membres de s’entendre sur une action concertée face aux défis les plus pressants à l’échelle mondiale. Il s’agissait, cette année, d’une occasion historique afin que les États s’engagent à une réponse mondiale à la pandémie et à une relance post-COVID dans un esprit de solidarité et de coopération internationale.

Au Sommet du G7, les dirigeants mondiaux auraient dû s’engager à prendre des actions ambitieuses afin d’éradiquer la COVID-19 à travers le monde et d’atténuer ses effets dévastateurs. Ils n’ont toutefois pas été à la hauteur, au détriment des populations. 

Le partage des vaccins contre la COVID-19

Pour mettre fin à la phase aigüe de la pandémie, 11 milliards de vaccins contre la COVID-19 sont nécessaires et permettront de protéger 70 % de la population mondiale d’ici la prochaine rencontre du G7. Le premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, a affirmé que les dirigeants du G7 s’engageraient à fournir un milliard de vaccins cette fin de semaine, mais ils ont plutôt promis 870 millions. 

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a affirmé: « Nous avons besoin de plus que cela… Nous devons avoir un plan mondial de vaccination. Nous devons agir en ayant la même logique, le même sentiment d’urgence et les mêmes priorités que dans un contexte d’économie de guerre et nous en sommes encore très loin. »

Des 100 millions de vaccins promis par le premier ministre Trudeau , seulement 13 millions des vaccins « en trop » au Canada seront redistribués à l’international ― le reste correspond à des vaccins déjà financés par l’intermédiaire de l’initiative COVAXBien que le Canada soit le seul pays du G20 à s’être engagé à contribuer à sa juste part dans l’Accélérateur ACT, le fait de comptabiliser les investissements financiers auprès du programme COVAX comme étant un « partage de vaccins » ne répond pas adéquatement aux besoins urgents des pays à faible revenu. Les pays riches doivent partager leurs vaccins excédentaires DÈS MAINTENANT – et non remettre cela à plus tard.

Le Canada recevra plus de 100 millions de doses excédentaires si l’on se fie aux contrats déjà signés avec les compagnies pharmaceutiques. En tant que leader en matière de vaccination contre la COVID-19 ― autant par rapport au nombre de personnes vaccinées et du pourcentage de la population ayant reçu au moins un vaccin ― nous avons les moyens et la responsabilité de partager les vaccins, et ce, immédiatement. Le partage de vaccins sauvera des vies et mettra fin plus rapidement à la pandémie mondiale. 

Réponse à la crise en éducation

Le premier ministre Trudeau a aussi eu la chance de faire preuve d’ambition en investissant dans le Partenariat mondial pour L'éducation (GPE) afin de soutenir l’éducation des filles, qui a grandement été touchée par la pandémie.  

Résultats Canada, en collaboration avec le Groupe de travail sur la politique canadienne en matière d’éducation internationale (CIEPWG), a appelé le gouvernement à investir 500 millions $ sur 5 ans dans le GPE afin que les enfants de partout dans le monde aient accès à une éducation de qualité durant et après la pandémie. L’annonce du Canada de seulement investir 300 millions $ CAD sur cinq ansest décevante, car le Canada ne répond pas aux besoins urgents des enfants les plus vulnérables en matière d’éducation, des besoins qui n’ont jamais été aussi grands.

Plus d’un an après la pandémie, la moitié des enfants dans le monde ne sont toujours pas à l’école. Les filles sont particulièrement à risque de ne jamais y retourner. À cela s’ajoutent les 250 millions d’enfants en situation de crise et de conflit, qui étaient déjà non scolarisé.e.s avant la COVID-19. Face à cette crise urgente en éducation, le Canada a manqué une occasion de faire preuve de leadership et d’ambition.

Les spécialistes en éducation au Canada sont particulièrement préoccupé.e.s par cette annonce, par crainte qu’elle signale une « dépriorisation » de l’éducation par le premier ministre Trudeau. Afin de répondre adéquatement à la crise mondiale en éducation, le gouvernement doit maintenir et accroître ses investissements en éducation comme partie intégrante de la relance mondiale post-COVID en ciblant les populations marginalisées. 

Le Canada peut toujours être un leader mondial en éducation en ajoutant à sa contribution au GPE un investissement additionnel lors du Sommet mondial sur l’éducation, qui aura lieu à la fin juillet, et en s’engageant à investir dans la campagne Ensemble pour l’apprentissage . Résultats Canada espère que l’annonce faite au Sommet du G7 pour l’éducation des filles n’est que le début et que le Canada continuera de démontrer son leadership en faveur de l’éducation à l’échelle mondiale. 

Le Sommet du G7 aurait dû être un moment d’espoir où trouver des solutions afin d’éliminer la pandémie et de s’attaquer à ses effets dévastateurs, notamment pour les populations les plus à risque face à des inégalités croissantes. Les dirigeants mondiaux n’ont toutefois pas exploité le plein potentiel de cette rencontre. Afin d’avoir une relance mondiale juste et équitable, nous devons faire preuve de leadership et collaborer afin de Ne laisser personne pour compte (#LeaveNoOneBehind).   

passez à l'action!

Faites appel au premier ministre Justin Trudeau et à la ministre du Développement international Karina Gould de compléter l'investissement du Canada au Sommet mondial sur l’éducationPour plus de détails sur la manière d'agir en faveur de l'éducation à l'échelle mondiale, en particulier pour les filles, consultez notre appel-à-l'action.

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