l'empouvoirement des femmes commence par la santé

Par : Résultats Canada Publié le 08/03/2024

En cette Journée internationale de la femme, la Dr. Ingrid Estelle Tefang vient en aide aux réfugiées nigérianes dans le nord du Cameroun. Ces femmes fuient la violence armée ou sont déplacées par une violence plus insidieuse - celle de l'inflation ou du changement climatique et des catastrophes qui en découlent et qui ont détruit leurs récoltes. Elles arrivent au camp de Minawao - beaucoup à pied, beaucoup sans nourriture, et beaucoup avec très peu de choses, sauf leurs enfants sur le dos - en quête de sécurité et de subsistance.

Dans le monde, au moins deux tiers des femmes et des adolescentes, soit plus d'un milliard de personnes, souffrent de malnutrition, d'anémie ou de carences en micronutriments. Elles courent ainsi un plus grand risque de contracter des maladies, d'autant plus que les filles et les femmes sont confrontées à davantage d'obstacles que les hommes pour accéder à l'information sur la santé et aux services vitaux tels que la vaccination. Les normes sociales et culturelles, ainsi que le statut inégal des femmes dans de nombreuses sociétés, peuvent mettre la santé des filles en arrière-plan et entraver les possibilités pour les mères d'emmener leurs enfants se faire vacciner. Cette double menace de souffrir de manière disproportionnée de malnutrition et de ne pas avoir un accès égal aux soins de santé perpétue un cycle qui empêche les femmes et les filles d'atteindre leur plein potentiel.

Les politiques canadiennes reconnaissent qu'en répondant aux besoins des femmes et des filles, y compris en matière de santé, nous pouvons lutter efficacement contre la pauvreté et l'instabilité mondiale. Des recherches récentes montrent que l'aide soutenant l'équité en matière de santé et l'égalité des genres permet aux pays touchés par les conflits et l'instabilité de cheminer vers la paix. En outre, le fait d'ignorer l'écart de santé entre les hommes et les femmes coûte à l'économie mondiale 1 000 milliards de dollars par an!

La politique d’aide internationale féministe du Canada a consolidé la réputation d'allié des droits des femmes et des enfants de notre pays. Notre engagement en faveur de la santé des femmes dépasse les clivages politiques, comme en témoigne l'Initiative de Muskoka pour la santé maternelle, néonatale et infantile , lancée par le précédent gouvernement dirigé par le parti conservateur. Néanmoins, les femmes et les enfants demeurent les premières victimes de multiples crises et nous pouvons et devons faire plus.

Ces dernières années, le secteur de la coopération internationale a reconnu la nécessité de soutenir des solutions ancrées dans les réalités nationales et de transférer le pouvoir aux communautés touchées et à leurs gouvernements. D'un point de vue féministe, cela signifie écouter les femmes touchées et démanteler les inégalités de pouvoir en soutenant activement les personnes qui répondent à leurs besoins.

Selon Dr Tefang, une solution efficace consiste à soutenir les initiatives multilatérales qui travaillent sur le terrain dans le domaine de la santé mondiale. Des agences telles que Gavi, l’Alliance du Vaccin, le Mécanisme de financement mondial, et le l'Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite peuvent jouer un rôle de catalyseur, en soutenant le renforcement des capacités locales, les investissements nationaux et en éliminant les barrières liées au genre pour renforcer les systèmes de santé.

Plus précisément, elle explique que le financement de mécanismes éprouvés tels que Gavi peut soutenir la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) - lequel constitue un risque majeur de développer un cancer du col de l'utérus - et la formation des professionnels de la santé afin de lutter contre la désinformation. En outre, le Cameroun est récemment devenu le premier pays à intégrer dans son programme de routine le vaccin contre la malaria, qui touche les femmes, en particulier pendant la grossesse, et qui est associée à l'anémie maternelle. Avec le soutien de Gavi, de nombreux autres pays pourront freiner la propagation de cette maladie mortelle.

Une autre intervention, la supplémentation en vitamine A, est importante car lorsqu'elle est administrée aux jeunes enfants ou à leurs mères pendant l'allaitement, elle contribue à protéger la vision et à renforcer le système immunitaire. De plus, comme l'a constaté Dr Tefang dans son domaine d'intervention, il est efficace de dépister la malnutrition lors des séances de vaccination. Cette approche intégrée permet aux femmes d'accéder à deux services essentiels à la fois, ce qui change la donne pour celles qui vivent dans des communautés difficiles d'accès ou mal desservies.

La capacité du Canada à tenir ses engagements se reflétera dans le prochain budget fédéral, dont le dévoilement est prévu pour la mi-avril. Au cours de l'année à venir, le Canada aura plusieurs occasions de soutenir la nutrition et la vaccination des femmes et de leurs enfants:

  • Il y a quelques années, le Premier ministre Justin Trudeau s’est engagé à ce que le Canada soutienne la lutte de l'Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélitejusqu'au bout. L'engagement actuel du Canada maintenant complété, il est temps de renouveler notre contribution et d'aider à atteindre cet objectif. La polio est l'une de ces maladies qui, bien qu'elle touche autant les garçons que les filles, est intrinsèquement liée au genre. Des obstacles structurels peuvent empêcher les femmes et les filles de bénéficier d'un accès équitable aux vaccins, à l'information et aux soins de santé. 
  • En 2024, l'Association internationale de développement (IDA), la branche de la Banque mondiale qui octroie des financements aux pays aux revenus les plus faibles, cherchera à lever des fonds. Le Canada peut faire valoir son leadership à la Banque mondiale pour s'assurer que ce financement donne la priorité à la nutrition et au développement de la petite enfance. 
  • Gavi, l’Alliance du Vaccin, présentera sa prochaine opportunité d'investissement, qui soutiendra le développement et le déploiement de nouveaux vaccins, notamment contre le papillomavirus et la malaria. Le Canada a la possibilité de poursuivre sur sa lancée et de faire en sorte que son investissement dans ce partenariat soit ambitieux.  
  • Enfin, début 2025, le sommet Nutrition 4 Growth (N4G) sera l'occasion pour le Canada de prendre des engagements financiers et politiques pour soutenir des interventions efficaces contre la malnutrition, telles que celles du Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescent.e.s (GFF) et le Fonds pour la nutrition de l’enfant (CNF). Le GFF est un partenariat hébergé par la Banque mondiale qui soutient les investissements locaux et l'engagement à long terme en faveur de la santé des femmes et des jeunes, tandis que le CNF aide les pays à accélérer leurs efforts pour éliminer l'émaciation des enfants, la forme la plus mortelle de malnutrition. 

La Journée internationale de la femme ne devrait pas être le seul moment où nous manifestons notre solidarité avec nos sœurs du monde entier. Alors que notre monde est marqué par de multiples crises, comme celles vécues par les femmes de Minawao, ce sont des pays comme le Canada qui ont le pouvoir de mettre l'égalité en pratique.

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